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Quelques DVD plus ou moins gay et visibles pour des ados 2

Le travail ci-dessous et les deux posts analogues ont été conçus pour des lecteurs adolescents et pour leurs parents.
Pour réaliser la liste, il m'a fallu tenir compte des autorisations légales et de plusieurs critères de choix. J'ai mis une note allant entre o (mauvais) et ***** (très grand chef d'oeuvre). Pour l'instant n'y figurent que des films que j'apprécie. Voici ceux qui sont interdits au moins de 12 ans. Ailleurs on trouvera ceux qui sont « tous publics » ou interdits au moins de 16 ans.

 

DVD à contenu gay & lesbien pouvant être vus par des adolescents
Films classés « interdit au moins de 12 ans »

amour---taire2.jpg Un Amour à taire (2004)
de Christian Faure (Fr)
Avec Jérémie Rénier (Jean), Bruno Todeschini (Philippe) et Louise Monot (Sara)
« Sarah, Jean et Philippe ont entre vingt et trente ans, en ce printemps 1942. Sarah est juive. Elle aime Jean mais Jean est homosexuel. Il est amoureux de Philippe. En cette période d'occupation où toutes les règles sont abolies, ils sont tous les trois habités par le même désir : survivre. Jusqu'au jour où, Jean accusé à tort d'être l'amant d'un officier, est déporté par les nazis. C'est le début de sa descente aux enfers sous le signe du triangle rose... ».
Ce joli téléfilm, remarquablement interprété et historiquement irréprochable, doit certainement son classement (interdit au moins de 12 ans) aux scènes « concentrationnaires », qui sont assez désespérantes. Pour le reste, il n’y a rien de bien choquant dans cette romance à trois sous l’Occupation. La projection télévisuelle a eu un grand succès, ce dont tout gay qui se respecte ne peut que se réjouir. Alors, bien entendu, c’est un film inscrit dans un certain nombre de conventions du « film à costume pour petit écran ». Mais pourquoi bouder le plaisir que cette histoire toute en nuances procure ?

 

Get-real2.jpgComme un garçon (Get Real) (2000)
de Simon Shore (U. K.)
Avec Ben Silverstone (Steve), Brad Gorton (John) et Charlotte Brittain (Linda)
  Comme un garçon est l'un des films gays les plus touchants qu'il m'ait été donné de voir, avec ce sens du social qui fait la magie des films anglais. Il est question d'un garçon de seize ans, Steve, confronté à l'homophobie profonde de l'Angleterre provinciale et à son désir de braver la réprobation générale pour vivre pleinement ce qu'il est. Il vit une passion réciproque avec un garçon, John, qui serait prêt à tout sacrifier pour sauver sa respectabilité. Le film est porté à bout de bras par Ben Silverstone dans le rôle de Steve, drôle,  subtil, touchant (sans Get-real1.jpgparler de son regard  limpide). L'humour qui irrigue le film, autant lié à l'esprit  acéré du personnage qu'aux situations burlesques, est plus qu'un ingrédient vendeur : il permet de faire passer tout ce qui pourrait être embarrassant ou un peu trop triste. Par la force des problèmes qu'il évoque et le caractère universel de ses références, ce film mériterait d'être vu par tous les publics, notamment dans les lycées, à des fins d'éducation civique. Et je ne comprends pas son classement, alors que des films bien plus crus ou explicites ont le label "tous publics".
 

new-ulm3.jpgDernier été à New Ulm (The Toilers & the Wayfarers, 1995)

de Keith Froelich (USA)
Avec Matt Klemp (Dieter), Andrew Woodhouse (Philip) et Ralf Shirg (Udo)

  Ce film à petit budget, tourné en noir et blanc, est une bonne surprise, dans la déferlante de soaps U. S. que les maisons d'édition nous proposent sous prétexte de gaytitude. L'histoire commence il y a quelques décennies, dans une communauté rurale germanophone des Etats-Unis. Dieter et Phillip sont deux copains inséparables, jusqu'au jour où ce dernier se fend d'une déclaration d'amour qui n'est pas très bien reçue. Mais Dieter est bouleversé. Alors que son ami torturé s'évade vers la ville, il demeure à New Ulm, désemparé, incapable de faire un choix. Sur ces entrefaites débarque d'Allemagne Udo, garçon désoeuvré apparemment incapable de se prendre en charge, mais à certains égards plus sûr de son identité. A son contact, Dieter va accomplir le chemin sentimental qui le ramènera vers Philip. new-ulm4.jpgL'angle par lequel le film évoque l'homosexualité n'est en rien standard et semble avoir des résonances autobiographiques. L'histoire est à la fois simple et compliquée. Il y a une justesse de ton et un tact dans la mise en scène qui sont tout à fait appréciables. Un bon film.
On trouve une substantielle interview du réalisateur (en anglais) ici. Il y est beaucoup question du casting et de la trajectoire des acteurs, entre un acteur pro hétéro venu faire un numéro de composition / tour de force (Matt Klemp) et un jeune militant gay très proche de son personnage (Andrew Woodhouse).
 
 
Edge of Seventeen (1998)
de David Moreton (USA)
Avec : Chris Stafford (Eric Hunter), Tina Holmes (Maggie), Anderson Gabrych (Rod)
« Sandusky, Ohio, 1984. Eric, un adolescent naïf de 17 ans, découvre prograssivement son attirance pour les garçons. Dans le même temps, il a du mal à définir ses relations avec Maggie, sa petite amie. L'un et l'autre travaillent dans un restaurant de parc d'attraction où il croisera Rod, sa première aventure avec un homme. »
Le scénario de ce coming of age movie a été écrit pas Todd Stephens (VIP du cinéma gay américain, et récent auteur de Another Gay Movie) sur la base de ses souvenirs de jeunessse. Rien à voir pourtant entre les deux films : Edge of Seventeen est une jolie histoire douce-amère, avec des décors un peu "marron" (mais c'est l'époque où ça se passe qui le voulait !).
 
L’Homme Blessé (1983)
de Patrice Chéreau (Fr)
Avec Jean-Hugues Anglade et Vittorio Mezzogiorno
« Henri, adolescent, s'ennuie. Accompagnant sa soeur à la gare il rencontre Jean, un homosexuel, qui le pousse à commettre un acte de violence sur un inconnu. Immédiatement, il éprouve une immense passion pour cet homme qu'il décide de suivre... »
Je l’ai visionné mais n'ai pas encore trouvé le temps de rédiger une analyse.

L'Imposteur (2005)
de Christoph Hochhaüsler (Allemagne).
Avec : Constantin von Jascheroff (Armin Steeb), Victoria Trauttmansdorff (Marianne Steeb), Manfred Zapata (Martin Steeb)

« Armin, 18 ans, est témoin d'un accident de voiture mortel. Il s'accuse, sans raisons, dans des lettres anonymes qu'il envoie aux journaux. Ce qui n'était qu'un jeu vire à l'obsession. »
Ce deuxième film de Christoph Hochhaüsler (après Le Bois lacté) est une sorte de cauchemar éveillé, dans lequel les frontières entre réalité et fantasmes sont étrangement poreuses. La sexualité d'Armin fait partie de ces domaines dans lesquels le personnage semble complètement égaré, incapable de raccorder ses dires et ses actes.
J'en parlerai davantage quand je l'aurai re-visionné (la séance de cinéma est un peu loin), mais c'est un excellent film.
 
 

ma-vraie-vie----Rouen2.jpgMa vraie vie à Rouen (2002)

d’O. Ducastel et Jacques Martineau (Fr)
Avec Jimmy Tavares (Étienne)

« Pour filmer ses entraînements de patinage artistique, la grand-mère d'Etienne lui offre un caméscope. L'adolescent se met alors à enregistrer sa vie quotidienne avec ses amis et sa mère, à Rouen, sans voyeurisme, par jeu et pour se constituer des souvenirs. S'il s'intéresse de près à un de ses professeurs, c'est, croit-il, parce qu'il serait un compagnon idéal pour sa mère. La relation qui s'installe entre eux lui donne rapidement raison, mais lui fait aussi découvrir que son propre désir était plus ambigu qu'il ne le croyait. » (jaquette du DVD)

 

 
mala-educacion.jpgLa Mauvaise éducation (2004)
de Pedro Almodovar (Espagne)
Avec Gael Garcia Bernal, Fele Martinez, Daniel Gimenez Cacho
« Deux garçons, Ignacio et Enrique, découvrent l'amour, le cinéma et la peur dans une école religieuse au début des années soixante. Le père Manolo, directeur de l'institution et professeur de littérature, est témoin et acteur de ces premières découvertes. Les trois personnages se reverront deux autres fois, à la fin des années 70 et en 1980. Cette deuxième rencontre marquera la vie et la mort de l'un d'entre eux. »
gaelgarciabernal2.jpg   Ce fim m'a absolument bouleversé quand il est sorti en salle. J'aime Almodovar en général, mais là, j'ai trouvé qu'il montait deux crans au-dessus de ses autres films. D'abord, il n'a jamais fait un film aussi sophistiqué et aussi maîtrisé : on dirait un Kubrick hispano-gay. Et puis ces trois histoires emboîtées les unes dans les autres, quelle virtuosité ! Le plus étonnant, c'est qu'on peut aussi voir le film sans se prendre la tête sur sa forme. Car l'histoire d'Enrique et Ignacio, ça vous déchire l'âme. Le bonhomme Almodovar a réussi à  faire à la fois un film universel, accessible à tous, et son oeuvre la plus personnelle, la plus formellement aboutie. En tant que gay, c'est de toute sa production l'oeuvre qui me touche le plus. Et puis il faut bien dire que Gael Garcia Bernal et Fele Rodriguez sont rayonnants !
 
 
presque-rien.jpgPresque rien (2000)
de Sébastien Lifschitz (Fr)
Avec Jérémie Elkaïm (Mathieu) & Stéphane Rideau (Cédric)
« Deux garçons de 18 ans, Mathieu et Cédric, se rencontrent, se désirent et cèdent à leurs pulsions. Ce pourrait être une simple aventure de vacances, mais leur relation prend de l'ampleur et se transforme avec le temps, en un véritable amour... »
Presque rien est un film sec et âpre. Sur le thème éculé de l’amour de vacances, Sébastien Lifschitz rebat complètement les cartes et nous offre un film à la fois beau et peu amène. Les personnages sont loin d’être transparents : ni Cédric, un peu canaille, ni surtout Mathieu, qui lors des premières scènes émerge d’une tentative de suicide. Le cinéaste a semble-t-il voulu conserver de nombre zones de mystère dans la psychè des personnages, et c’est plutôt une bonne idée. Ça évite les blablas du film psychologique. La construction narrative est également loin des facilités du récit linéaire. À des lieux d’un cinéma gay mièvre et conformiste, Sébastien Lifschitz confirmait pour son premier long métrage qu’il est un cinéaste doué et prometteur.À signaler une scène de sexe très explicite qui pourrait choquer.
 
 
tout-contre-leo2.jpgTout contre Léo (2001)
de Christophe Honoré (Fr)
Avec Yaniss lespert (Léo), Pierre Mignart (P’tit Marcel), Marie Bunel
« Dans une famille, où les quatre garçons font le bonheur de leurs parents, la séropositivité de l’un d’entre eux, Léo, fait tomber les masques et soulève des tempêtes. Léo tente de préserver Marcel, son petit frère de 12 ans, mais celui-ci se doute bien de la menace qui plane sur l’équilibre familial. Avant qu’il ne soit trop tard, Léo décide d’emmener Marcel quelques jours à Paris. Christophe Honoré signe un film âpre et émouvant sur la place de l’homosexualité et de la maladie au sein d’une famille unie. » (adventice.com)
tout-contre-leo.jpg Lecteur fidèle de s romans jeunesse de Christophe Honoré mais un peu déçu par le réalisateur de 17 fois Cécile Cassard, j'attendais avec curiosité de pouvoir visionner l'adaptation de Tout contre Léo. Des trois films de notre auteur, c'est à ce jour celui que je préfère. La dimension de commande télé impose une sobriété émotionnelle qui me ravit, après l'épreuve que furent les dernières oeuvres, tant littéraires que filmiques, dudit C. Honoré. Loin de la course à la cruauté, "Tout contre Léo" est un beau film d'amour, de tendresse, mais qui ne verse pas non plus dans la complaisance. L'interview du réalisateur en bonus est très riche.
Je n'ai vu nulle part de classement, mais à la différence des romans dont il est tiré, ce téléfilm ne me semble pas conseillable à de jeunes adolescents.
 
 
transamerica-11737.jpgTransamerica (2005)
de Duncan Tucker (Etats-Unis)
Avec Felicity Huffman (Bree) et Kevin Zegers
« Bree travaille jour et nuit pour pouvoir payer l'opération qui fera d'elle une véritable femme. Contactée de façon complètement inattendue par un adolescent fugueur à la recherche de son père, elle ne tarde pas à comprendre qu'il s'agit du fils qu'elle a eu autrefois d'une liaison sans lendemain, alors qu'elle était encore un homme. Son premier réflexe est de tirer une croix sur son passé, mais sa psychothérapeute exige d'elle qu'elle rencontre ce jeune homme avant de lui délivrer l'autorisation d'intervention chirurgicale dont elle espère tant... »
Commentaire à venir
 
 
My Beautiful Laundrette (1984) de Stephen Frears (vu, pas encore mis en fiche)
Prick up Your Ears (1986) de Stephen Frears
Tu marcheras sur l’eau (2005) d’Eytan Fox (Israël)